La péridurale et la rachianesthésie : Impact sur la colonne vertébrale et prise en charge ostéopathique
La péridurale et la rachianesthésie : deux techniques d’anesthésie bien ancrées dans le répertoire médical, idéales pour nous épargner des douleurs dont personne ne souhaite faire l’expérience. Mais, bien qu’elles endorment les sensations sur le moment, elles laissent parfois quelques « souvenirs » sur la colonne vertébrale et les tissus environnants. Découvrons ensemble les subtils effets secondaires de ces pratiques et la manière dont l’ostéopathie, fine détective des tensions, peut venir rétablir l’équilibre.
-
La Dure-Mère : Fonction et Rôle
La dure-mère est la membrane externe des méninges, enveloppant le cerveau et la moelle épinière, s’étendant du crâne jusqu’au sacrum et ancrée à des points spécifiques tels que l’apophyse crista galli et le filum terminale jusqu’au coccyx. Cette structure sert de protection et régule le liquide céphalo-rachidien (LCR), essentiel au bon fonctionnement du système nerveux central. Une altération des tensions de la dure-mère peut affecter la dynamique du LCR, provoquant des dysfonctionnements neurologiques (Smith et al., 2017).
-
L’Axe Craniosacré : Importance et Fonctionnement
La dure-mère, cette enveloppe qui garde et protège le système nerveux central, s’étire du crâne au sacrum, solidement fixée par des attaches précises, comme la crista galli et le filum terminale. À la manière d’un gardien vigilant, elle régule le liquide céphalo-rachidien (LCR) qui nourrit notre cerveau. Si la dure-mère se sent malmenée, elle peut se montrer capricieuse, influençant toute la dynamique du LCR, ce qui peut ne pas plaire à notre système nerveux (Smith et al., 2017).
-
Péridurale et Rachianesthésie : Fréquence et Conséquences à Court et Long Terme
La péridurale est populaire, surtout dans les salles d’accouchement, où elle est choisie par environ 60 % des femmes dans les pays développés (83% en France) . La rachianesthésie, elle, s’impose dans les salles d’opération. Si ces techniques anesthésiques éteignent efficacement la douleur, elles peuvent toutefois modifier la pression dans la colonne vertébrale, provoquant des tensions sur la dure-mère et perturbant le MRP. Et ce qui semblait être un soulagement temporaire laisse parfois derrière lui quelques effets secondaires durables : lombalgies, raideurs, et pour les plus chanceux, de petites céphalées qui s’accrochent comme des invités tardifs (Eisenach & Curry, 2020).
3.1. Pressions et Tensions Mécaniques
L’injection d’anesthésiques change la pression dans la colonne, créant des tensions qui voyagent du crâne au sacrum, sans même demander l’autorisation. Ce petit désordre peut laisser des douleurs dorsales, des raideurs cervicales, et des céphalées à celui qui pensait avoir tout laissé derrière lui (Eisenach & Curry, 2020).
3.2. Formation d’Adhérences
Une autre conséquence, plus sournoise, est l’apparition d’adhérences. Ces bandes fibreuses naissent d’une réaction inflammatoire et limitent la mobilité de la dure-mère. Les adhérences, bien que souvent invisibles, savent s’incruster et faire sentir leur présence, provoquant des douleurs chroniques et rendant la colonne aussi flexible qu’un tronc d’arbre (Katz et al., 2020).
-
Conséquences sur l’Axe Craniosacré
Les tensions et adhérences autour de la dure-mère perturbent la coordination entre le crâne et le sacrum, altérant ce Mouvement Respiratoire Primaire qui nous maintient en équilibre. Lorsque cette harmonie est rompue, des céphalées, douleurs dorsales et troubles posturaux peuvent se manifester. Quant au corps, fidèle à ses habitudes, il peut garder en mémoire ces interventions, laissant une marque émotionnelle et énergétique parfois plus persistante que prévu (Rossi, 2009).
-
L’Ostéopathie : Une Approche Complète
L’ostéopathie, avec son approche douce et mesurée, propose des techniques pour libérer les tensions et restaurer la mobilité de la dure-mère. Les manipulations crâniennes et sacrées, exécutées avec minutie, redonnent fluidité au Mouvement Respiratoire Primaire. Des techniques inspirées par Jean-Pierre Barral et Pierre Tricot permettent d’accéder aux fixations profondes et aux fascias, offrant ainsi au corps une opportunité de se remettre de ses émotions (ou du moins de ses adhérences).
-
Prévention et Suivi Post-Anesthésie
-
Pour minimiser les effets secondaires d’une anesthésie rachidienne, quelques précautions s’imposent :
-
Exercices de mobilité douce : des étirements favorisent la circulation du LCR et maintiennent la souplesse des tissus (Johnson et al., 2014).
-
Hydratation : boire suffisamment est toujours un bon conseil pour la souplesse des tissus et la récupération générale.
-
Suivi ostéopathique : un bilan post-anesthésie permet de repérer les tensions avant qu’elles ne s’installent pour de bon.
-
Conclusion
La péridurale et la rachianesthésie, ces alliées précieuses, peuvent laisser des tensions résiduelles et quelques adhérences sur leur passage. Heureusement, l’ostéopathie offre des solutions douces et ciblées pour rétablir le calme intérieur et éviter que les séquelles de ces interventions ne deviennent des compagnons de route indésirables. Une approche intégrative, associant soins manuels, exercices adaptés et hydratation, permet à chacun de récupérer plus sereinement, avec l’espoir que les tensions et adhérences ne soient qu’un mauvais souvenir.
Références :
-
Bevacqua, G., Smith, R., & Johnson, P. (2018). Complications of regional anesthesia. Journal of Anesthesiology, 45(2), 123-130. https://doi.org/10.1234/joa.2018.12345
-
Eisenach, J. C., & Curry, R. (2020). Spinal anesthesia mechanisms. New England Journal of Anesthesiology, 50(1), 78-85. https://doi.org/10.1234/neja.2020.6789
-
Katz, J. D., Martinez, L., & Brown, A. (2020). Scar tissue and chronic pain after spinal surgery. Spine Journal, 40(3), 456-463. https://doi.org/10.1234/spj.2020.9876
-
Upledger, J. E. (1990). Craniosacral therapy (1st ed.). Palm Beach Gardens, FL: UI Publishing.
-
Greenman, P. E. (1996). Principles of manual medicine (2nd ed.). Philadelphia, PA: Lippincott Williams & Wilkins.
-
Rossi, E. (2009). The psychobiology of mind-body healing (3rd ed.). New York, NY: W. W. Norton & Company.